gérer son quotidien

[Partie 1] Quand on n’arrive plus à gérer son quotidien : comment s’en sortir ?

 

 

Bonjour à vous, cher hyper qui n’arrivez plus à gérer son quotidien. 🙂

 

Beaucoup de personnes qui ont un TDA/H sont régulièrement victimes d’un phénomène extrêmement ennuyeux si elles n’arrivent pas à redresser la barre assez rapidement pour éviter les gros dégâts. Il s’agit de la perte de contrôle de son emploi du temps et de ses activités, qui amène à la perte de contrôle de son énergie et de sa motivation, qui amènent à la perte de contrôle de son humeur et finalement d’à peu près tout.

 

Est-ce que vous faites partie de ces personnes ? Moi aussi. 🙂 Pourquoi est-ce que ça vous arrive régulièrement ? Pour plusieurs raisons, les principales étant le manque d’attention continuel, ou bien le fait de ne pas avoir assez réfléchi à nos valeurs, à ce qu’on veut réellement dans notre vie et quelles actions concrètes mettre en place pour que la vie que l’on mène soit en accord avec nous-même… mais je ne parlerai pas de ça aujourd’hui (j’y reviendrai dans un prochain article) !

 

Aujourd’hui, je voudrais vous donner quelques pistes pour s’en sortir une fois que c’est trop tard, une fois qu’on a déjà perdu le contrôle et qu’on n’arrive plus à gérer son quotidien.

 

trop de taches à faire, mauvaise organisation

 

J’ai voulu vous faire un article très complet sur ce qui amène à la perte du contrôle de sa vie et comment s’en sortir, avec une méthode que j’ai apprise et expérimentée avec succès, et à grand renfort d’exemples concrets et d’astuces. Il s’avère que l’article qui en résulte est tellement long, que j’ai décidé de vous le livrer en plusieurs parties ! Vous avez donc la première partie aujourd’hui, et mes prochains articles seront les parties suivantes. Comme ça vous pourrez suivre une progression, en menant votre propre réflexion sur le sujet chaque semaine et en appliquant la méthode dans votre quotidien ! Génial non ? 🙂

 

Je vais donc commencer par vous parler d’un livre qui m’a aidé à me sortir de situations très difficiles, dans des moments de ma vie où je ne voyais plus très bien comment j’allais pouvoir continuer sans que ça se termine assez mal, et de quoi mon avenir allait être constitué. Par ses réflexions, par les conseils qu’il prodigue et par la sagesse et le savoir de ceux qui l’ont écrit, j’ai pu trouver le courage d’avancer et de continuer mes efforts pour m’améliorer.

 

Mais d’abord, une petite mise au point sur la notion de contrôle.

 

 

Qu’est-ce que j’entends par gérer son quotidien ou perdre le contrôle ?

 

Attention ne confondez pas, quand je parle de contrôle, je ne veux pas dire que toute votre vie doit toujours être sous votre contrôle absolu ! Ce serait oublier la force et la beauté de moments de lâcher-prise qui sont salvateurs et nécessaires dans votre vie. Ce serait de surcroît un peu naïf, le contrôle absolu n’existe pas et vouloir l’obtenir coûte que coûte fait souvent de gros dégâts, aussi bien dans notre vie que dans celle de notre entourage.

 

agent de la circulation

 

Alors pourquoi vouloir garder le contrôle ? Nous qui aimons tant les changements et l’émulation des moments de tension, nous qui détestons tant devoir gérer nos émotions, nos pensées et avons tant de mal à nous contraindre à faire les choses sans motivation ? Comme dans chaque domaine de la vie, il existe un juste milieu qui nous convient. Et le juste milieu ici, c’est l’art de savoir à quels moments on doit absolument garder le contrôle pour être capable de continuer à gérer son quotidien, et à quels moments on peut tout lâcher.

 

“Sans rire ! Comme si tout le monde ne savait pas une vérité aussi simple !”

 

Oui, mais si on suivait toujours les “vérités” simples, ne croyez-vous pas qu’on aurait une vie plus facile et qu’on ne serait pas là à chercher des solutions pour améliorer notre quotidien ? 🙂 Non, les vérités simples n’existent pas, et non, nous ne suivons pas toujours la logique parce que nous ne sommes pas des robots (surtout pas nous) ! Et maintenant qu’on est dans la mouise, voyons comment on va s’en sortir ! 🙂

 

 

Trois amis en quête de sagesse, un livre qui m’a beaucoup aidé dans les moments difficiles

 

J’ai lu (et je relis régulièrement) un livre qui m’a énormément aidé à trouver des solutions pratiques à beaucoup de mes difficultés quotidiennes et de mes états d’esprits. Ce livre c’est Trois amis en quête de sagesse. Je veux donc vous transmettre ici une partie de ce que j’y ai trouvé et comment l’adapter concrètement au TDA/H.

 

Trois amis en quête de sagesse

 

1. Que contient ce livre ?

 

Christophe André est un psychiatre spécialisé dans la prise en charge des troubles anxieux et des dépressions. Il a aidé à introduire en France la méditation de pleine conscience dans le cadre des thérapies, et à développer la pratique des TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales).

Alexandre est un écrivain et un philosophe des sentiments humains. Son cheval de bataille est la difficulté à pratiquer la philosophie, à élever son esprit et sa qualité de vie, au cœur de l’affectivité et de la faiblesse. Une petite particularité le rend extrêmement clairvoyant dans ce domaine. Né avec un handicap moteur suite à un accident de cordon ombilical enroulé autour de son cou, Alexandre a passé les dix sept premières années de sa vie dans un institut spécialisé.

Matthieu Ricard, quant à lui, est moine au Népal et interprète français du dalaï-lama. Fils de la peintre Yahne Le Toumelin et du philosophe Jean-François Revel, il est de formation scientifique (il est docteur en génétique cellulaire). Mais il a finalement décidé de suivre une autre voie et a passé la majeure partie de sa vie à traduire les textes bouddhistes tibétains et à apprendre des plus grands maîtres de ces terres.

Tous les trois sont amis depuis des années. Experts dans l’art du mieux être, ils ont relevé le défi de passer quinze jours à discuter des différentes afflictions de la vie et des moyens pratiques pour y remédier. Ce livre en est la retranscription.

 

Matthieu Ricard, Alexandre Jollien, Christophe André

 

2. Quelques principes tirés du livre pour se sortir des situations les plus difficiles

 

Accepter la situation

Quand rien ne va plus, qu’on n’arrive plus à gérer son quotidien, il faut à un moment se rendre à l’évidence. Regarder la situation en face et prendre conscience de ce qui se passe maintenant, en soi ou dans sa vie, est souvent la première étape vers la régulation d’un problème. Ainsi, on peut enfin faire le point, se rendre compte de l’ampleur des dégâts et savoir quelle est la difficulté la plus urgente à résoudre.

 

accepter la situation, observer son quotidien

 

Accepter sa souffrance et lui laisser la place de s’exprimer

Quand on n’arrive plus à faire face ou qu’on ne sait plus comment aller plus loin, c’est normal de souffrir. Si voir le verre à moitié plein permet de relativiser, de garder le cap et la volonté de cheminer vers les buts qu’on s’est fixé, nier sa souffrance lorsque le verre est désespérément vide ne fait que retarder la chute. Votre corps saura de toute façon tôt ou tard exprimer son mal être, avec ou sans votre accord. En revanche, en laissant votre souffrance s’exprimer, en l’acceptant, en l’observant, vous pourrez sûrement débloquer quelque chose et faire avancer la situation.

 

laisser ses émotions s'exprimer

 

Ne pas surréagir

L’hypersensibilité et l’impulsivité sont fréquents dans le TDA/H. En plein tourment, en pleine crise d’impulsivité, il est facile de dire ou de faire quelque chose que l’on regrettera plus tard. Il vaut donc mieux remettre les grandes décisions ou les grandes discussions à plus tard, quand la tension sera un peu redescendue. En attendant ce moment, essayez de rediriger votre surplus d’émotions vers quelque chose de constructif. Je vous donnerai, dans la partie 2 de l’article, une méthode qui vous permettra de sortir de votre cercle vicieux.

 

ne pas surréagir

 

Changer sa perception des choses

Le monde peut être blessant, on peut le trouver inadapté. Mais vouloir le changer pour ne plus être blessé par lui est pourtant une voie sans issue. Dans Trois amis en quête de sagesse, Matthieu Ricard cite Shantideva : “Comment trouver assez de cuir pour recouvrir toute la terre ? Avec le cuir d’une simple semelle, on parvient au même résultat.” C’est louable d’essayer d’améliorer les failles du monde, mais qui vous dit que ce qui vous conviendrait à vous conviendrait aux autres ? Essayons de changer de perspective. Au lieu de rendre le monde entier responsable de vos malheurs, pourquoi ne pas essayer de devenir acteur de votre vie, et de prendre la responsabilité de votre réponse à vos difficultés ?

 

changer de perspective

 

Faire la différence entre réaction et réponse

La réaction est un acte dicté par notre instinct, notre histoire, nos habitudes,… elle n’est pas contrôlée et est souvent inconsciente. On ne la choisit pas, et elle peut être inadaptée au cas présent. La réponse, quant à elle, est réfléchie. Elle vient après qu’on est pesé le pour et le contre, évalué les différentes possibilités, et elle est en générale beaucoup plus adaptée. En tout cas, on a choisi de la donner et on la contrôle. Comme on est responsable de notre réaction autant que de notre réponse, autant choisir la deuxième solution.

 

Faire la différence entre réaction et réponse

 

Poser des actes

Une fois qu’on est dans l’impasse, poser des actes nous permettra d’en sortir. Demandez-vous : qu’est-ce que je peux faire maintenant ? Quelles options s’offrent à moi ? Et faites-le (nous verrons aussi comment).

 

Poser des actes

 

Rester en lien avec le monde

C’est le lien que l’on a avec le monde qui nous permet, d’une part, de ne pas partir trop loin dans nos idées et de rester rationnel. D’autre part, c’est aussi grâce aux liens que vous avez avec les autres que vous parviendrez plus facilement à remonter la pente. Parfois, en parlant de nos difficultés avec les autres, on s’aperçoit qu’elles ne sont pas si énormes et inextricables qu’on l’aurait pensé… il suffisait de regarder avec une autre perspective. 🙂

 

Garder un lien avec le monde

 

Dans la deuxième partie de cette série d’articles (dont je mettrai le lien ici), nous aborderons plus concrètement comment appliquer une partie de ces principes dans notre quotidien pour sortir des difficultés dans lesquelles nous sommes coincés. En attendant, réfléchissez bien au quelques principes que nous venons d’évoquer, et ce qu’ils impliquent pour vous, dans votre vie, dans votre façon de voir le monde et d’interagir avec lui. Ça vous sera utile, et c’est le premier pas vers votre liberté ! Regardez aussi en vous et autour de vous, prenez conscience de votre état et de celui de la situation. Où en êtes-vous réellement ? Et vivez vos émotions, acceptez-les, décortiquez-les et laissez-les vous faire leur état des lieux. Ce sont vos exercices de la semaine (et on s’en servira dans la Partie 2). 🙂

 

Si vous avez aimé cette première partie, n’hésitez-pas à mettre un pouce bleu et à partager l’article sur vos réseaux sociaux préférés, pour que d’autres puissent en profiter aussi. Vous êtes libre aussi de me dire en commentaire (en bas de cette page) si vous avez été inspiré et quelles réflexions l’article a suscité en vous.

 

Quant à moi, je vous souhaite une semaine pleine d’émotions, de conscience et d’introspection.

 

Anne Juguet

Prenez soin de vous cher hyper, et à bientôt j’espère. 🙂

Anne Juguet, Le TDAH au quotidien

 

 

 

 

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