Apprenons à vivre le TDA/H comme un atout !

Période difficile : Pourquoi vous n’arrivez plus à avancer (le manque de motivation n’est pas le vrai problème)

Êtes-vous dans une période où vous n’arrivez plus à avancer ? 

Votre énergie, votre motivation, votre clarté mentale ne sont plus là et même votre santé s’étiole peu à peu ?

Beaucoup de personnes pensent souffrir d’un manque de motivation lorsqu’elles n’arrivent plus à avancer. Pourtant, le manque de motivation n’est pas toujours le vrai problème

Parfois, la vie (et notre corps) nous obligent à lever le pied… et même les outils et stratégies qu’on a appris et intégrés dans nos vies ne nous rendent pas invulnérables.

Dans cet article je vous aide à mieux comprendre ce qui empêche souvent les personnes de retrouver leur souffle lorsqu’elles sont dans des périodes plus difficiles : 

  • Quelles sont les implications neurologiques et physiologiques de ces périodes
  • Les pièges dans lesquels vous tombez sûrement et comment les éviter
  • Et comment traverser ces périodes plus sainement et efficacement

Et je vous donnerai un exercice que vous pourrez appliquer chez vous pour commencer à avancer dans la bonne direction. 🙂

Sommaire

Est-ce que cette histoire vous parle ?

Certaines périodes de vie sont plus difficiles, avec plus de stress, plus de travail, de mauvaises nouvelles, des difficultés compliquées à gérer ou des problèmes de santé.

Et quand la fatigue se fait sentir, qu’on n’arrive plus à fonctionner, vient la honte de ne plus y arriver, les échecs qui deviennent plus cuisants, l’estime de soi qui baisse, et tout un tas d’émotions, pensées et sensations bloquantes (peurs, ruminations, etc.).

Dans ces moments-là on a tendance à penser que si on n’arrive plus à avancer, c’est un problème de motivation ! 

Et on se rajoute une double peine en s’auto-flagellant, parce qu’on procrastine, parce qu’on ne fait pas ce qu’on a à faire (d’ailleurs on ne sait plus bien ce qu’on a à faire)…

En réalité, le cerveau et le corps sont en surcharge depuis trop longtemps et rentrent petit à petit en “mode survie”. 

Ce n’est pas un problème de motivation, c’est physique et physiologique !

La bonne nouvelle, c’est que lorsqu’on comprend ce qui se passe réellement, on peut arrêter de se battre contre soi-même et commencer à récupérer.

Le manque de motivation n’est pas le problème, c’est le symptôme

Quand on est en surcharge pendant des semaines ou des mois, le système nerveux s’épuise petit à petit

Le cerveau réduit certaines fonctions pour économiser de l’énergie : 

  • projection dans l’avenir
  • initiation des tâches
  • planification
  • effort volontaire
  • régulation émotionnelle

Le système sympathique (l’accélérateur du corps mais aussi le système du stress) est suractivé. Lorsqu’il est activé trop fort et trop longtemps, on rentre dans ce qu’on appelle le stress chronique. Le corps n’arrive plus à se rééquilibrer.

Moins de capacités cognitives, plus de stress, amènent plus de fatigue et moins de capacité à sortir de ce cercle vicieux.

Et plus on force longtemps sans changer de stratégie, plus le cerveau coupe les fonctions non essentielles (car oui, réfléchir à long terme n’est pas essentiel selon lui !) et plus le corps rentre dans une logique de survie

Dans le meilleur des cas on sait quoi faire mais on n’arrive plus à le faire, et dans le pire des cas on peut ne plus savoir quoi faire du tout, se sentir complètement perdu et devoir s’arrêter complètement.

Ce n’est pas de la paresse, un manque de volonté ou de motivation.

C’est le cerveau qui est en surcharge chronique, le système nerveux (notamment le système dopaminergique) qui est épuisé, et le corps tout entier qui dit STOP par mesure de protection.

Pendant longtemps, j’ai cru que pour sortir d’une période difficile, il suffisait de faire plus d’efforts le temps que tout s’arrange.

Mais plus je forçais, plus je m’épuisais et moins j’étais capable de sortir du tunnel dans lequel je m’enfonçais.

Cette dernière année m’a rappelé une histoire qui m’avait inspiré à l’époque.

Ne faites pas vos mouches !

J’aime beaucoup cette image de la mouche. 🙂 

C’est David Lefrançois, l’un de mes professeurs en neurosciences appliquées, qui nous avait raconté cette anecdote.

Un jour, il avait attrapé une mouche avec un verre qu’il avait retourné. 

La mouche se sentant prisonnière volait dans tous les sens, se cognant contre les parois du verre, s’épuisant à essayer de sortir du verre. 

Au bout d’un moment, voyant que la mouche se posait sur la table et ne bougeait plus, il souleva le verre pour la libérer.

Mais la mouche s’était tellement épuisée à voler dans tous les sens, sans se poser pour réfléchir à la situation, qu’elle n’avait plus l’énergie de sortir du verre. 

Elle avait juste à avancer pour sortir, mais elle avait épuisé ses ressources et avait abandonné.

(Et je rassure les amis des animaux, la mouche a été laissée tranquille après et a retrouvé sa liberté et son énergie ! 😉 )

Pourquoi je vous raconte cette histoire ?

Parce que nous avons tendance à réagir comme cette mouche, et c’est ce qui finit par nous nuire.

Au lieu d’accepter de regarder la situation en face, de se poser, de réfléchir à un plan et d’adapter notre comportement en fonction des besoins, on force et on se cogne contre les parois du verre jusqu’à ce qu’on soit trop épuisé pour faire quoi que ce soit, même si la situation s’améliore.

Beaucoup de personnes vivent l’acceptation comme :

  • de la résignation,
  • un renoncement,
  • ou une faiblesse.

Alors qu’accepter une réalité :

  • diminue la lutte interne,
  • libère des ressources cognitives,
  • et permet une action plus adaptée.

Ça arrive à tout le monde, quel que soit son niveau de connaissances, son expérience ou le nombre d’outils qu’on possède

Ça arrive à tout le monde, même à ceux qui ont plus de connaissances sur eux-mêmes et sur l’être humain, plus de pratique et d’expérience des stratégies de développement personnel, et qui sont déjà plus loin sur le chemin (même les psychologues, les coachs, les athlètes de haut niveau, etc.), tout le monde a des moments comme ça, où rien ne va plus, même si tout le monde n’en parle pas. 😉

Et justement, je vais vous parler de ce que j’ai moi-même vécu (il y a peu de temps au moment où j’écris cet article).

Cette dernière année a été beaucoup plus difficile que je ne l’avais imaginé.

Pendant des mois, j’ai cumulé : 

  • une surcharge de travail prolongée
  • des problèmes techniques qui ont bloqué une bonne partie de mon écosystème de travail
  • et des soucis de santé qui m’ont obligée à fortement ralentir

Pendant cette période, j’ai donc dû mettre une grande partie de mon activité entre parenthèses.

Et pendant plusieurs mois, j’ai perdu énormément d’énergie à vouloir que les choses soient différentes de ce qu’elles étaient.

Je voulais retrouver mon rythme habituel, rattraper mon retard, revenir rapidement à la normale.

J’ai réalisé que je dépensais énormément d’énergie à vouloir accélérer des choses qui n’étaient pas sous mon contrôle : ma récupération, certains problèmes techniques ou encore les conséquences de plusieurs mois de surcharge.

Pendant ce temps-là, je n’avais plus beaucoup d’énergie pour agir sur ce qui dépendait réellement de moi.

Ce qui m’a aidée n’a pas été de forcer davantage, ça a été d’accepter la réalité du moment. Non pas comme une résignation, mais comme un point de départ.

Il y a des choses que l’on peut contrôler, et d’autres non.

Notre cerveau essaie de tout contrôler car l’incertitude est inconfortable pour lui. 

Donc il dépense de l’énergie pour essayer de trouver une solution à quelque chose qui ne dépend pas de nous.

Et ça a un coût.

Lutter contre la réalité épuise nos ressources, et crée davantage de : 

  • stress
  • ruminations
  • tensions musculaires
  • fatigue mentale et physique
  • etc.

Et le stress et la fatigue amènent davantage de rigidité mentale (car le cerveau est en “mode survie”). On a plus de difficultés à : 

  • changer de stratégie
  • trouver des solutions
  • prendre du recul
  • accepter les imprévus

Nous créons donc un deuxième problème en refusant le premier.

L’une des questions les plus aidantes que j’ai pu me poser (et que je vous invite à vous poser aussi) a été :

“Les choses étant ce qu’elles sont : 

1. Qu’est-ce qui ne dépend pas de moi (et que je dois laisser de côté pour l’instant) ?

2. Et qu’est-ce qui dépend de moi, qu’est-ce que je peux faire maintenant pour avancer juste d’un pas ?”

Plus on veut se remettre vite sans tenir compte de son état, plus on met de temps à récupérer

Laissez-vous du temps. Le cerveau et le corps récupèrent rarement d’un coup, on a besoin pour cela de passer par plusieurs étapes : 

  1. Accepter la situation (“Ce qui est, est.”)
  2. Lâcher ce qui ne nous appartient pas pour retrouver un peu de temps pour prendre soin de soi
  3. Agir un pas après l’autre, une chose à la fois, et écouter les signaux de notre corps pour le laisser récupérer à son rythme. Si vous voulez aller plus vite que lui, il vous rappellera à l’ordre.

On aimerait souvent retrouver son énergie, sa motivation et sa clarté du jour au lendemain.

Mais la récupération fonctionne rarement ainsi.

Elle avance par petites étapes.

Avec des hauts et des bas.

Avec des jours où l’on se sent mieux et d’autres où l’on a l’impression de revenir en arrière.

Et c’est normal, parce qu’un cerveau ne récupère pas pendant qu’on le critique.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Si vous traversez actuellement une période difficile, je vous propose un petit exercice très simple.

Quand vous sentez que tout devient trop lourd :

  1. Posez vos pieds au sol
  2. Inspirez doucement par le nez pendant 4 secondes
  3. Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes
  4. Répétez cela pendant une minute

Puis posez-vous cette question : 

« De quoi mon cerveau a-t-il besoin maintenant ? »

(Pas demain, cette semaine ou à partir de la semaine prochaine, maintenant.)

Enfin, identifiez une seule action sur laquelle vous avez réellement du contrôle aujourd’hui.

Et pour ceux qui veulent aller plus loin : 

  1. Prenez une feuille et tracez deux colonnes.
  2. Dans la première, notez tout ce qui vous préoccupe actuellement.
  3. Puis demandez-vous pour chaque élément :
    • Est-ce que j’ai un pouvoir d’action concret dessus aujourd’hui ?
    • Ou est-ce que c’est quelque chose que je ne peux pas contrôler ?
  4. Dans la deuxième colonne, si vous pouvez agir, notez une toute petite action réalisable cette semaine.
  5. Si vous ne pouvez pas contrôler, entraînez-vous simplement à reconnaître que votre énergie sera probablement mieux utilisée ailleurs.
    Par exemple :
    • Visualisez un dossier dans votre tête (donnez lui une forme et une couleur unique dont vous vous souviendrez) et nommez-le “Dossier RAF” (Rien À Faire). 
    • Puis faites semblant (avec vos mains) de ranger ce que vous ne pouvez pas contrôler dedans, en vous visualisant en train de le ranger et en disant “Dossier RAF !”

Cette dernière année m’a rappelé autre chose : 

Nous sommes souvent beaucoup plus durs avec nous-mêmes que nous ne le serions avec quelqu’un que nous aimons.

Et pourtant, dans les périodes difficiles, ce n’est généralement pas de pression supplémentaire dont notre cerveau a besoin.

C’est de récupération, d’adaptation et de patience.

Et parfois simplement de la permission de ne pas être parfait.

Alors si vous traversez vous aussi une période compliquée en ce moment, j’aimerais vous transmettre cette idée :

Vous n’avez peut-être pas besoin de faire plus.

Vous avez peut-être simplement besoin de faire autrement.

Et parfois, c’est précisément comme cela qu’on recommence à avancer.

Maintenant, j’aimerais vous partager une dernière chose importante :

D’abord une question : Pourquoi certaines personnes se retrouvent-elles régulièrement dans ces situations alors que d’autres y échappent plus facilement ?

Les circonstances peuvent nous amener à passer par ces périodes compliquées, mais c’est aussi souvent nos propres peurs, croyances limitantes et comportements qui nous amènent à revivre régulièrement ces périodes.

Donc si vous avez tendance à retomber régulièrement dans des états similaires, peut-être serait-il intéressant de creuser un peu pour découvrir la racine du problème, afin de vous libérer de ce poids et de trouver un meilleur équilibre dans votre vie. 🙂

Pour commencer, je vous invite à découvrir ces drivers de stress (qu’on appelle aussi “Messages contraignants”) qui ont peut-être un impact non négligeable dans votre capacité à gérer certaines situations et certains de vos comportements, et qui sont souvent l’une des origines de périodes difficiles. 😉

Anne Juguet TDAH

Prenez soin de vous, et à très bientôt !

Anne Juguet, Le TDAH au quotidien

Article corrigé par Henri-Pierre Juguet : hpj.correction.redaction@gmail.com

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Je suis Anne Juguet, coach de vie et diagnostiquée TDA/H ! Passionnée de psychologie, de neurologie, de développement personnel et de techniques d’apprentissage et de coaching, j’étudie ces différents domaines au travers du prisme du TDA/H et de ses troubles associés.

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