Retrouver la motivation quand rien ne va plus

Retrouver la motivation, ou l’art d’utiliser son corps pour sortir d’une impasse

 

 

Cet article est ma participation à l’événement inter-blogueurs que j’organise, sur le thème: retrouver la motivation quand tout va de travers.

Je rappelle le principe de cet événement :

Plusieurs blogs se réunissent pour écrire sur un thème choisi, afin d’apporter leur point de vue sur la question, leur expérience ou leurs solutions à un problème. Tous les articles sont ensuite partagés sur les différents blogs afin de faire découvrir à leurs lecteurs de nouveaux thèmes, d’autres façons de traiter un sujet, et de nouvelles plumes.

À la fin de cet événement, je publierai un article récapitulatif avec les liens vers tous les articles participants, pour que vous puissiez bénéficier du plus d’informations et de solutions possible à votre problème ! Je créerai aussi un ebook librement téléchargeable qui réunira tous les articles, vous pourrez comme ça le lire n’importe où (je vous mettrai un lien ici). 😉

Pour ceux qui ne l’ont pas lu, voici l’article annonce de l’événement.

 


 

Je ne pourrai jamais oublier le jour où je me suis retrouvée sur mon canapé, effondrée et en larmes, après un rendez-vous chez un psychiatre.

Mais avant de vous raconter pourquoi j’en étais arrivée là, je dois vous expliquer, au cas où vous ne connaîtriez pas encore le TDA/H (Trouble du Déficit d’Attention avec ou sans Hyperactivité) de quoi il s’agit et ce qu’il implique. Cela vous permettra de comprendre beaucoup de choses dans la suite de l’article. 😉

 

trop de taches à faire, mauvaise organisation

 

 

Le contexte de cet article : le TDA/H et la motivation

 

Qu’est-ce que le TDA/H ?

 

Le TDA/H est un trouble neuro-psychologique dans lequel, entre autres, certains neurotransmetteurs ne fonctionnent pas comme chez les personnes neurotypiques (c’est à dire “dans les normes”).

 

  • Le premier effet de cette différence de fonctionnement est de provoquer une incapacité à se concentrer sur la bonne chose au bon moment.

 

  • Cela provoque aussi de grandes difficultés à gérer ses pensées, son énergie et son comportement. Cela implique, selon les moments et les personnes, ou bien une hyperactivité mentale et physique, ou bien une sorte d’apathie, ou des difficultés dans l’exécution de la parole et des tâches quotidiennes, et bien souvent des difficultés de socialisation. Et par ricochet, à gérer beaucoup de paramètres de sa vie de manière optimale. Les personnes qui ont un TDA/H vivent beaucoup d’échecs et de réprobation dans leur vie, ce qui abîme bien souvent l’estime qu’ils ont d’eux-même.

 

  • Enfin, et c’est le plus important ici, cela provoque une grande difficulté à gérer ses émotions et sa motivation dans l’exécution d’une tâche.

 

Attention : Toutes ces caractéristiques sont évidemment présentes chez tout le monde, mais il s’agit ici d’un “trouble”, donc d’un extrême ! Imaginez ces difficultés chez une personne “dans les normes”, multipliez-les par 10, 20 ou 30, et vous aurez un vague aperçu du TDA/H. 😉 (Et je n’ai donné que les symptômes qui nous intéressent ici !)

La gestion de la motivation est donc cruciale pour les “hypers”, comme je les appelle, car le cerveau TDA/H a une très grande difficulté à accepter l’ennui et la contrariété. Ça veut dire qu’il a un besoin absolu de motivation pour pouvoir mettre le corps en action.

Revenons donc à notre histoire. 🙂

 

En pleurs dans mon canapé

 

 

Une des plus grandes leçons de ma vie, et comment elle m’a beaucoup appris sur la motivation

 

Je venais de passer 1 an à faire des recherches pour trouver un praticien qui pourrait me venir en aide dans mes difficultés dues au TDA/H. J’étais à ce moment-là dans une impasse dans ma vie. Je ne savais pas comment gérer certaines de mes difficultés qui sont incompatibles avec la vie active, et celles-ci me rendaient incapable de voir comment j’allais m’en sortir dans la vie.

Cette année de recherches s’était traduite par des journées de coups de téléphone et d’envois de mails, mais aussi par de nombreux refus (beaucoup de praticiens ne connaissant pas le TDA/H) et de longs mois d’inaction à chercher la motivation nécessaire pour avancer.

 

Des mois de démarchage

 

Parce que l’administratif et la communication sont deux grands points faibles de beaucoup d’hypers, parce que la procrastination et souvent la peur, la démotivation ou le manque d’estime de soi peuvent bloquer toute tentative d’action. Pour plein de raisons, cette longue année ne m’avait pas beaucoup fait avancer.

Pour ne pas aider, les praticiens qui sont à la fois compétents dans le domaine du TDA/H et disponibles sont une denrée rare. De plus, j’avais déjà fait un énorme travail de remédiation sur moi-même grâce à des techniques de psychologie qui m’avaient permis de comprendre et améliorer beaucoup de mes difficultés, et le travail que me proposaient les psychologues n’était plus suffisant. Comprendre son passé et les raisons inconscientes de ses comportements, c’est important. Mais maintenant, j’avais besoin de concret, de pratique, pour avancer.

Ce jour là, j’ai appris quelque chose dont je me rappelle à chaque fois que je me sens dans une impasse et que ma motivation a de nouveau disparue.

 

Un électrochoc m’a sauvée

 

J’ai fini par trouver un psychiatre spécialisé en psychanalyse qui voulait bien me prendre en consultation (parce que oui, il y a examen d’entrée pour avoir le droit de consulter, et ça se traduit souvent par le fait de prouver notre motivation !).

 

Sigmund Freud psychanalyseMais il ne connaissait pas le TDA/H. En fait, il ne croyait pas en l’existence du TDA/H (j’ai appris plus tard que c’est une des caractéristiques des psychanalystes).

Je suis arrivée au rendez-vous avec une vingtaine de pages de notes et de mises en œuvre de stratégies que j’avais tentées toute seule pour essayer de m’en sortir. Assis dans son fauteuil à 5 mètres de moi, il a refusé de regarder mes notes. Après que je lui ai expliqué la raison de ma venue et le diagnostic que j’avais reçu, il m’expliqua que j’avais un trouble anxieux et que si je tentais une thérapie avec lui, elle durerait une dizaine d’années pendant lesquelles on explorerait les différents points de mon passé qui m’avaient amené ici…

 

Et aussi, il me faudrait me bouger et y mettre de la volonté pour réussir à changer et à aller mieux…

 

“QUOI ?! Je fais des recherches, je mets en place des stratégies toute seule et je réussis tant bien que mal à améliorer pas mal d’aspects de mon caractère et de ma vie, lui ne daigne même pas jeter un œil à mon travail et il faut que je me bouge ?!”

 

En rentrant chez moi, des années d’épreuves et d’échecs sont ressortis d’un coup. J’étais dépitée, blessée et hors de moi, comme on peut l’être quand on est hypersensible et impulsif. J’avais épuisé toutes mes solutions. Il n’y avait plus d’avenir pour moi, je resterais toujours “une ratée incapable de s’intégrer à cette société”. Je me suis effondrée.

À ce moment-là, j’ai eu comme un électrochoc. Je me suis levée en hurlant, j’étais tellement en colère ! Il était hors de question que je baisse les bras ! Je n’avais pas d’avenir ? Ils allaient voir ce qu’ils allaient voir ! La peur et la colère m’avaient donné comme un shoot d’adrénaline, et je décidais de m’en servir pour faire quelque chose de constructif, pour tenter une dernière fois.

Je me suis précipitée vers mon téléphone et mon ordinateur. J’ai recontacté une dernière fois les comportementalistes spécialisés qui ne m’avaient jamais reçu. Le lendemain, l’un d’eux avait un désistement et me proposait un rendez-vous le lundi suivant. J’étais sauvée.

 

 

La motivation, ou l’art d’utiliser la dopamine, la noradrénaline et l’adrénaline pour avancer (de manière naturelle !)

 

Que c’est-il vraiment passé ?

 

Ce n’est pas par chance que j’ai réussi à aller de l’avant. J’ai eu de la chance ce jour-là, mais c’est ma persévérance qui m’a permis d’arriver jusqu’à ce premier rendez-vous réussi. Et c’est le coup de pied au derrière, c’est à dire le boost d’adrénaline, qui m’a permis d’avoir un sursaut de volonté.

Bien que plusieurs mécanismes soient impliqués, la dopamine et la noradrénaline sont deux neurotransmetteurs (ou hormones, selon l’endroit où elles se situent) importants, entre autres, dans la régulation de nos fonctions exécutives (fonctions qui permettent d’adapter son comportement à des informations reçues par le cerveau).

 

  • La noradrénaline : Elle est impliquée dans la régulation de l’attention. Elle aide à faire attention à ce qui est nouveau (et donc potentiellement important à prendre en compte), et à inhiber les distracteurs.

 

  • La dopamine : Elle aide à maintenir l’attention, en augmentant l’intérêt que l’on a pour une tâche à faire, son importance affective. Elle intervient dans le mécanisme de récompense, c’est à dire la sensation de plaisir.

 

  • L’adrénaline : L’adrénaline, quant à elle, est une catécholamine sécrétée par l’organisme en réponse à l’épuisement ou au stress, pour fournir au corps suffisamment d’énergie pour affronter la situation. On la retrouve donc dans les situations provoquant une émotion intense, mais aussi lors de séances de sport (surtout de haute intensité).

 

Je ne vais pas vous en dire d’avantage sur le fonctionnement et les implications de ces trois substances dans l’organisme (parce que ce sont des mécanismes extrêmement compliqués qui mettent en œuvre beaucoup plus que ces trois substances) mais ce que je peux vous dire, c’est que vous pouvez faire réagir votre corps en lui donnant les stimulus adaptés à ce que vous voulez obtenir de lui. Et je dirais même plus, vous le faites déjà sans vous en rendre compte !

Par exemple dans mon histoire, ma détresse a augmenté le stress ressenti par mon organisme, ce qui a déclenché (entre autres) un pic d’adrénaline et de dopamine, la crise de colère et donc un mécanisme d’auto-défense et de mise en action. C’est l’instinct de survie ! Il se passe la même chose lorsque n’importe quel animal se sentant en danger et pris au piège se débat pour sortir de la situation de danger.

 

Homme motivé et concentré

 

La théorie du degré d’engagement

 

Cette histoire montre aussi un exemple de la théorie du degré d’engagement. Une étude a permis d’estimer que sur une échelle de 1 à 10, le degré d’engagement doit être supérieur à 8 pour qu’une personne fasse une action.

Cela veut dire qu’il faut vraiment avoir DÉCIDÉ de faire l’action ! Se dire “Il faudrait que je fasse…”, “Ce serait bien que…”, n’est pas suffisant. Ce sont des phrases que l’on utilise lorsqu’on ne va pas vraiment faire les choses (on appelle ça un ‘évitement’ en thérapie comportementale). Il est donc important d’augmenter au maximum sa motivation et son engagement dans la tâche à accomplir.

 

Comment hacker votre corps pour augmenter votre motivation

 

Évidemment je ne vous conseille pas d’en arriver à de telles extrémités pour vous motiver. 🙂 Mais vous pouvez arriver au même résultat en appliquant ces quelques idées pour vous motiver dans une tâche :

 

L’activité physique

Faites de l’activité physique avant l’activité pour laquelle vous devez vous motiver. N’importe quel type d’activité physique est intéressant, mais le mieux est une séance de sport courte et très intense. Par exemple, une séance de HIIT (High Intensity Interval Training) ou de tabata (qui est une autre forme d’Interval Training pour ceux qui veulent aller plus loin 😉 ).

Ce type de séance augmentera votre taux d’adrénaline, de dopamine et de noradrénaline. En vous concentrant au maximum sur vos mouvements, vous augmenterez encore le taux de noradrénaline sécrété par votre corps. Il existe de nombreuses vidéos de coachs sportifs sur Youtube, qui expliquent les mécanismes de ces séances et qui sauront vous motiver en pratiquant en même temps que vous ! 🙂

 

Marche et sortie en plein air

Si vous n’êtes pas du tout sportif, je vous conseille de commencer par là. L’activation de vos muscles, l’oxygène et la lumière du soleil augmenteront la vascularisation de tout votre corps (y compris votre cerveau), ainsi que la sécrétion des neurotransmetteurs. Vous améliorerez donc votre niveau d’énergie et votre sensation de plaisir.

 

La caféine (ou théine)

La caféine est un psychostimulant naturel présent dans le café, mais aussi dans le thé (on l’appelle théine). Lorsqu’on en boit, elle va se déposer sur certains récepteurs du cerveau qui régulent l’activité nerveuse (les récepteurs à adénosine) et donc le sommeil. En se déposant sur ces récepteurs, la caféine les rend moins disponibles, ce qui a pour effet d’augmenter l’activité des neurones et la production d’adrénaline.

Cependant, la caféine a aussi un effet anxiogène. Et c’est là que le thé vert devient intéressant, car il contient aussi de la L-théanine, qui a un effet relaxant et réduit le stress ! Le café n’en contient pas, et le thé noir assez peu. Faites votre choix ! 🙂

 

Provoquer une émotion forte

Pensez à quelque chose qui provoque une émotion forte en vous (quelque chose de positif, n’allez pas vous faire un ulcère ou une dépression en tentant de vous motiver !). Concentrez-vous dessus, sur ce que vous ressentez, sur les effets que ça provoque dans votre corps, dans votre estomac. Levez-vous et marchez un peu, cela finira de raviver votre énergie. Cela augmentera aussi votre degré d’engagement.

 

La musique

La musique a un puissant effet sur notre organisme (respiration, pression artérielle, rythme cardiaque, niveau de stress, etc.) et sur notre état émotionnel. Elle influence aussi les mouvements du corps et les sensations d’énergie, de puissance, de joie, etc. [1] Elle est d’ailleurs utilisée dans les techniques de préparation mentale pour les sportifs, et dans tous les autres domaines.

Les musiques très rythmées (avec des tambours, batteries, beat ou autres percussions), et d’autant plus lorsqu’elles sont rapides, aident le corps à se mettre en mouvement. Elles provoquent aussi un sentiment d’énergie et de puissance et créent un “effet tunnel”, c’est à dire une hyperfocalisation sur la tâche que l’on est en train d’accomplir. Écoutez-en lorsque vous avez un coup de mou ou si vous n’arrivez plus à vous concentrer.

 

Une méthode peu orthodoxe…

Et pour les plus zinzins d’entre nous (comme moi ;p ) : En écoutant la musique la plus motivante (et énergique si possible) que vous connaissez, commencez à bouger au rythme de la musique. Puis petit à petit, augmentez l’amplitude de vos mouvements jusqu’à vous mettre à gesticuler, sauter ou danser dans tous les sens en chantant, voire en criant et en riant ! Faites les All Blacks, scandez une phrase du genre “Tu peux le faire !” ou “Allez, va à ton bureau, décroche le téléphone et prends ton rendez-vous !” (ce genre de phrases aussi augmentent votre degré d’engagement, car vous décidez de manière audible et claire de faire l’action). 😉

Même si vous n’en avez pas envie au début, laissez-vous aller peu à peu, puis mettez-y tout ce que vous avez, vous sentirez l’énergie vous envahir de plus en plus. Au bout de quelques minutes à ce rythme là, je vous garantis le résultat ! Oui je sais, c’est très bizarre de faire ça, vous n’êtes pas obligé de le faire devant votre patron non plus ! Mais pour ceux d’entre vous qui n’ont pas froid aux yeux, cette technique est imparable ! Et si vous n’y arrivez pas, ça vous aura au moins permis de rigoler 5 minutes. xD

 

Comme cet article participe à un événement inter-blogueurs, vous trouverez plein d’autres astuces dans les autres articles participants ! À la fin de l’événement je publierai un article récapitulatif avec un lien vers tous ces articles (je vous mettrai le lien ici). Et un ebook qui contiendra tous les articles sera aussi disponible et librement téléchargeable !

Pour que vous soyez prévenu de la sortie de tout ça, je vous le notifierai sur les différents réseaux sociaux du blog, donc n’hésitez-pas à vous y abonner et à aller consulter tous ces trésors d’informations et de motivation qui seront, j’en suis sûre, très instructifs ! 😉

 

Quant à moi, je vous souhaite une semaine pleine de motivation et de plaisir !

 

Anne Juguet TDAHPrenez soin de vous, et à très bientôt. 🙂

Anne Juguet, Le TDAH au quotidien

 

 

[1]

Les effets de la musique sur le corps et l’esprit, Futura Sciences

Les effets dynamogéniques de la musique, P. Fraisse, G. Oléron, J. Paillard

Les effets de la musique sur notre organisme, TPE battements binauraux

 

 

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