TDA/H et pensées négatives

Bonjour cher hyper-lecteur !

Imaginez cette situation :

Vous êtes en train de travailler sur un projet pour votre entreprise. C’est la toute première fois que vous faites ce type de travail et vous ne vous sentez pas tellement à l’aise, mais ça devrait aller ! C’est normal quand on fait quelque chose pour la première fois…

Mais voilà… vous êtes en retard sur les échéances fixées et cette situation vous rend un peu anxieux (rien d’anormal jusque là…).

Et là, horreur ! Vous rencontrez un problème technique que vous n’aviez pas du tout prévu, et qui vous plonge dans un déchaînement d’émotions négatives. Vous vous enfoncez petit à petit dans un tourbillon de doutes, de pensées négatives, et vous vous retrouvez à ne plus du tout réussir à travailler !

Comment faire ?! Le problème n’a pourtant pas l’air insurmontable, mais vous vous sentez tout à coup submergé et incapable d’aller plus loin !

Que s’est-il passé ? Et pourquoi votre collègue n’a-t-il pas l’air de s’émouvoir plus que ça de cette situation ?

Rassurez-vous, non vous n’êtes pas fou ! Des situations de ce type sont tout à fait normales et vous pouvez (oui vous) les surmonter ! Pour faire la lumière sur cette énigme et vous aider à dépasser ces difficultés, je vais vous expliquer dans cet article quelques concepts qui vous aideront à mieux comprendre ce que vous vivez dans ce type de situation, et pourquoi votre TDA/H vous rend plus sensible que la moyenne des gens à ces phénomènes.

Et bien sûr, nous apprendrons après ça les stratégies qui vous aideront à vous remettre sur les rails !

C’est parti ! 🙂

Que s’est-il passé ?

Vous le savez peut-être déjà, les pensées, les émotions et les comportements sont intimement liés.

Lorsque vous pensez quelque chose, cela influence vos émotions, qui influencent votre comportement, qui influence votre expérience de la vie, qui influence vos pensées, etc. C’est un cercle vicieux !

Et cerise sur le gâteau, si ce cercle est répété trop de fois, cela change votre façon de voir la vie et le monde, votre façon de vous percevoir, et votre façon de voir ce qui arrive maintenant et ce qui va arriver dans l’avenir. Et à terme, votre comportement d’une manière générale donc votre caractère.

Ce que vous devez savoir, c’est que vous pouvez commencer le cercle à n’importe quelle étape et cela fonctionnera de la même manière, en ajoutant de la force à chaque fois à l’étape suivante (le cercle devient donc de plus en plus gros et ancré en nous). Mais dans le genre de situations que je viens de décrire, il y a une étape qui est fondamentale à repérer…

Laquelle ? Reprenons…

Vous étiez déjà stressé et peu sûr de vous (car vous êtes débutant dans ce type de travail). Au moment où l’événement (que vous avez perçu comme mauvais) est apparu, votre anxiété et vos pensées se sont emballés au point que vous avez été submergé.

Je dois vous avouer qu’il y a une étape au milieu de tout ça dont je ne vous ai pas encore parlé, entre la survenue de l’événement et la montée de vos émotions… si vous avez bien suivi, vous me direz d’une voix forte :

“Les pensées bien sûr !” 🙂

Oui mais il y a un type de pensées en particulier, qui sont la clé de notre énigme, les pensées automatiques !

Les pensées automatiques

Qu’est-ce qu’une pensée automatique ?

Les pensées automatiques ont des caractéristiques très précises :

  • Elles sont fulgurantes : Ce sont des phrases courtes ou des images très rapides qui répondent de manière immédiate à un événement ou une situation, et qui génèrent des émotions plus fortes que les autres. Mais elles restent seulement un très court instant dans notre tête.
  • Elles sont redondantes : On reproduit les mêmes pensées régulièrement (ce qui contribue à modifier notre vision du monde et de nous-même, comme on l’a déjà dit).
  • Elles sont automatiques et involontaires : On ne les provoque pas consciemment, on ne les choisit pas, et il est difficile de s’en débarrasser.
  • Elles sont distordues mais paraissent crédibles : elles ne prennent en compte qu’un certain point de vue de la situation, elles ne sont donc pas en accord avec la réalité.
  • Elles sont inefficaces : Elles entretiennent le cercle vicieux dont on aimerait bien sortir !

Les pensées automatiques sont un phénomène normal. Tout le monde en a ! Donc bonne nouvelle, non vous n’êtes pas fou (ou folle). 😉

Chaque personne a des pensées automatiques qui lui sont propres. Eh oui, chaque personne est différente des autres, a une façon de percevoir le monde et de se percevoir elle-même différente, une histoire différente, des réactions différentes, etc.

Comme ces pensées reviennent souvent, elle deviennent une habitude pour vous et elles vous sont donc très familières. Et comme elles sont familières pour vous, il est fort probable que vous ne vous rendiez plus compte que vous les pensez.

Les pensées négatives automatiques

Les pensées automatiques ne sont pas forcément négatives !

Elles peuvent aussi être positives, et dans ce cas là en général elles ne sont pas vraiment un problème, au contraire.

En revanche, elles ne sont pas toujours meilleures que les négatives car elles peuvent aussi être erronées, donc ne pas refléter la réalité. Le problème dans ces cas là, c’est qu’elles peuvent elles aussi nous faire prendre de mauvaises décisions.

Il existe d’ailleurs des troubles pour lesquels les pensées automatiques positives peuvent être aussi délétères que les négatives, comme dans le cas des bipolaires qui dans une phase de manie (état émotionnel positif extrême) peuvent par exemple se croire tout puissants et se lancer dans des projets beaucoup trop gros pour eux, ou agir de façon dangereuse pour eux par excès de confiance.

Les distorsions cognitives

On a vu que les pensées automatiques pouvaient être positives ou négatives… et bien quel que soit leur camp, elles peuvent aussi être adaptées (c’est-à-dire refléter la réalité) ou inadaptées, et dans ce cas on les appelle des distorsions cognitives.

Et il n’y a pas que les personnes bipolaires qui ont des distorsions cognitives. Là encore, on y a tous droit !

Voici 10 types de distorsions cognitives :

1. Le tout ou rien : Penser en noir et blanc. Par exemple, si on n’a pas tout à fait réussi quelque chose on pense qu’on a tout raté.

2. La sur-généralisation : Tirer une conclusion générale d’un cas particulier. Par exemple, je n’arrive pas à faire monter ces blancs en neige, donc je suis nul(le) en cuisine.

  • Forme extrême – L’étiquetage : même raisonnement mais en qualifiant une personne toute entière sur la base d’un détail : je n’arrive pas à faire monter ces blancs en neige, je suis un(e) nul(le).

3. L’attention sélective : traiter un élément négatif isolé sans tenir compte du reste et du contexte. Par exemple, penser qu’une journée s’est mal passée alors que seulement une chose n’a pas été comme on aurait voulu.

4. La disqualification des expériences positives : les expériences négatives comptent, mais pas les positives. Par exemple, je déteste les pommes car un jour j’en ai mangé une mauvaise, peu importe que toutes les autres aient été très bonnes.

5. Les conclusions hâtives : tirer une conclusion sans avoir tous les éléments en main, alors que d’autres conclusions étaient possibles. Il existe deux sortes de conclusions hâtives :

  • Lire dans les pensées de l’autre : être persuadé de ce que pense une autre personne sans en avoir la preuve. Par exemple, penser que quelqu’un ne vous aime pas parce qu’il ne vous a pas dit bonjour la dernière fois que vous vous êtes croisés.
  • Les prédictions négatives : anticiper sans preuve que quelque chose va mal se passer, et considérer cette anticipation comme une réalité, comme si c’était déjà fait. Par exemple, Mon fils a du retard pour rentrer à la maison donc il a eu un problème. Mon exposé à l’école va très mal se passer donc je ne veux pas y aller.

6. La personnalisation : S’attribuer la responsabilité d’une situation ou d’un événement pour lequel on n’est pas responsable. Par exemple, au restaurant au moment où je rentre un serveur fait tomber un verre sur une des tables, et je pense que j’ai dû entrer trop violemment. Un buraliste fait la tête quand je rentre dans sa boutique, je pense qu’il n’a pas envie de me voir, que je l’ennuie.

7. Je dois, je devrais, il faut : en utilisant ce type d’injonction, si l’objectif n’est pas atteint on ressent une grande culpabilité. Une décision (“je vais…”) que l’on n’a pas pu tenir provoquera une émotion moins intense, car elle est plus pragmatique et moins basée sur les émotions.

8. Le raisonnement émotif : penser que nos émotions reflètent la réalité. Par exemple, je ne me sens pas capable de faire quelque chose donc je ne dois pas être capable de le faire.

9. L’exagération et la minimisation : Exagérer ou minimiser l’importance de quelque chose. Par exemple, exagérer l’importance d’une personne ou minimiser les risques de la création de sa nouvelle entreprise.

10. Le catastrophisme : voir un possible échec, un événement ou une situation future comme une catastrophe absolue, de laquelle on ne se remettra pas. Par exemple, si ma maison n’est pas finie de construire à temps ce sera une catastrophe, je ne pourrai pas m’en sortir.

Et le TDA/H dans tout ça ?

Les personnes ayant un TDA/H ont des pensées qui peuvent être très rapides et instables. De plus, elles réagissent plus fortement que les autres et de manière moins contrôlée à leurs pensées et émotions. Cela crée donc plus facilement chez elles des comportements inadaptés.

Les liens entre pensées négatives automatiques, TDA/H, inattention et anxiété

L’inattention :

Je ne vous apprendrai pas qu’un des principes du TDA/H est d’avoir une attention qui peut être plus instable que la moyenne (et je n’ai pas dit plus difficile cela dépend de la situation) !

Si vous ne saviez pas cela et que vous vous demandez quelles sont les particularités de l’attention dans le TDA/H, vous devriez peut-être lire ou relire cet article, qui vous éclairera sur le sujet. 😉

trop de taches, choix difficiles, mauvaise organisation

Lorsque l’on a un TDA/H, on est donc plus facilement distrait par des pensées qui semblent “venir de nulle part”. Nous pouvons aussi sauter du coq à l’âne, que ce soit dans notre réflexion ou lorsqu’on parle avec d’autres personnes par exemple, ou bien dans nos actions. Ce n’est pas volontaire et c’est difficilement contrôlable !

L’anxiété :

Beaucoup de personnes avec un TDA/H sont aussi plus anxieuses que la moyenne, pour plusieurs raisons :

  • Le trouble d’anxiété (quelle que soit sa catégorie : généralisée, d’anticipation, sociale, trouble panique, etc.) est une co-morbidité (c’est-à-dire un trouble souvent lié) fréquente du TDA/H.
  • Avoir un TDA/H, c’est-à-dire être négativement et de manière conséquente impacté dans sa vie par un fonctionnement de ce type, provoque de l’anxiété. “Comment vais-je faire pour m’adapter à ce monde ?” “Vais-je être capable de trouver un travail et de ne pas me faire renvoyer ?” “Vais-je pouvoir me faire des amis ?” “Réussirai-je un jour à communiquer et réagir assez correctement pour ne pas créer de conflits ?” etc. Le TDA/H influence énormément de détails de la vie quotidienne, et provoque donc beaucoup de doutes et de détresse (c’est aussi pour cette raison qu’il y a plus de dépressions chez les personnes atteintes de TDA/H).
  • Le TDA/H implique une plus grande facilité à être curieux, à aller chercher des informations et des solutions un peu partout pour répondre aux difficultés, aux doutes et au stress qu’il provoque… mais aussi une plus grande capacité à vouloir découvrir de nouvelles activités, passions ou sujets d’intérêt pour répondre aux besoins en dopamine nécessaires à la motivation et au passage à l’action (qui sont un autre pan des difficultés rencontrées par les personnes avec TDA/H car elle ne passe pas très bien dans les synapses du cerveau). Vous pouvez d’ailleurs lire cet article sur le sujet. Les personnes avec un TDA/H ont donc souvent une plus grande réflexion sur le monde, donc une plus grande capacité à avoir un esprit critique, donc plus de doutes, donc plus d’anxiété.

Ces difficultés augmentent donc les chances d’être face à des situations difficiles, et du coup d’avoir des pensées négatives plus nombreuses que la moyenne, plus fortes, avec des répercussions plus importantes dans votre vie.

Comme les personnes avec TDA/H ont en plus des difficultés à penser aux conséquences et à évaluer ce qu’il va se passer dans le futur, ces pensées sont d’autant plus crédibles. Mais elles ont aussi une grande capacité à relever des défis et sont conscientes, malgré leurs échecs, de leurs capacités… donc gardez courage, rien n’est perdu ! 😉

relever un défis, retrouver la motivation

Dans quelles situations rencontre-t-on ces types de pensées ?

On peut rencontrer ce type de pensées automatiques dans toutes les situations de notre vie. Au travail, à la maison, lorsqu’on communique avec d’autres personnes, en vacances, etc. Quel que soit le domaine de notre vie, le moment, le lieu, avec qui on est (ou pas), ce qu’on fait, ce type de pensées peut arriver.

Ce qui va définir les situations “à risques” pour vous, c’est surtout le rapport que vous avez à ces situations. Ce ne sera donc pas les mêmes situations que votre voisin, et pour les reconnaître la seule solution est de vous exercer à prendre conscience des moments où ça arrive.

Comment repérer ces pensées automatiques

Une bonne technique pour repérer ces pensées est de repérer les moments où vous ressentez des émotions plus fortes dans une situation donnée.

Dans notre exemple, l’anxiété qui monte.

La pensée automatique sera celle qui vous sera venue à l’esprit juste avant, et repartie instantanément !

Comme ce sont des pensées très fugaces, il est fort possible que vous n’ayez plus en mémoire qu’un écho de cette pensée et que vous la confondiez avec d’autres pensées venues juste après ou presque en même temps.

Pour la reconnaître, vous devez donc vous rappeler que la pensée automatique est une phrase ou une image très brève et très simple (une information de quelques mots pour une phrase), comme un mantra ou une maxime et qui revient régulièrement.

Dans notre exemple, cela pourrait être par exemple :

“J’y arriverai jamais” “C’est toujours pareil” “Je suis nul” “Je vais tout rater” etc.

Ou si c’est une image, une scène similaire que vous avez déjà vécu et qui a provoqué le même type d’émotion (par exemple les regards de vos collègues lors d’un échec que vous avez vécu).

Il est possible d’avoir plusieurs pensées automatiques dans une situation donnée, mais dans ce cas il y en a souvent une qui domine les autres. C’est sur cette pensée principale que vous devez travailler.

Pensez aussi que différents types de situations créent des pensées automatiques différentes. Mais en général, il y a quelques pensées qui reviennent en boucle quelque soit la situation, et qui forment votre “univers psychique”.

Comment savoir à quelle catégorie de distorsion cognitive appartiennent nos pensées automatiques

Une distorsion cognitive appartient forcément à l’une des catégories que nous avons vues plus haut. Pour savoir à laquelle, vous n’avez qu’une chose à faire : vous entraîner à reconnaître la catégorie à chaque fois que vous êtes confronté aux pensées en question, et vérifier que vous avez bien reconnu la catégorie en revenant voir la liste de cet article ! Facile non ? 🙂

Plus sérieusement, il n’y a pas de méthode miracle… il n’y a que votre entraînement à en prendre conscience et à les reconnaître qui vous permettra de devenir ceinture noire de distorsions cognitives. 🙂

Que faire pour mieux gérer ces pensées

Les stratégies pour faire face aux pensées automatiques négatives et aux distorsions cognitives

Prendre conscience de ses pensées

Cela vous permettra de ne plus accepter ces pensées de manière passive. En en prenant conscience au moment où vous les pensez, vous serez capable de court-circuiter cet automatisme et d’en prendre le contrôle !

Vous prendrez de la distance sur vos pensées, vous pourrez alors surmonter et modifier les émotions qui surviennent juste après, et votre réaction. Vous créerez un nouveau cercle positif, ce qui vous aidera à mieux mener vos projets et votre vie.

1. Au moment où vous ressentez des émotions plus fortes dans une situation donnée, faites un STOP, c’est-à-dire arrêtez tout, observez et posez-vous ces questions :

  • Quelles émotions ai-je ressenti ?
  • Quelle était la situation à ce moment-là ? (Qu’est-ce que je faisais ? Avec qui ? Où ? Quand ? Quel événement est survenu ?)
  • Juste avant de ressentir ces émotions, quelles pensées m’ont traversé l’esprit ? Laquelle était la pensée automatique ?
  • À quelle catégorie de distorsion cognitive appartient-elle ?

Astuce : Vous pouvez aussi faire cet exercice sous forme de dessin. Dessinez-vous dans la situation, avec les objets du contexte, et des bulles pour vos pensées et émotions.

2. Notez tout de suite les réponses à ces questions. Si vous attendez vous ne vous souviendrez plus exactement, vos notes ne seront plus assez précises et vous ne pourrez plus aussi bien travailler dessus par la suite. C’est déjà difficile de repérer la bonne pensée automatique, ne vous rajoutez pas des difficultés inutiles ! Si vous ne pouvez pas prendre de note tout de suite dans votre carnet (vous savez, celui que vous devez toujours avoir avec vous 😉 ) ou dans votre tableau d’observations (j’en parle juste après), notez-les où vous pouvez et reportez la note au bon endroit le soir.

En général : Une bonne pratique, pour chaque habitude que l’on essaie de changer ou pour chaque travail sur soi que l’on fait, est de créer un tableau d’observations et de planifier sur son agenda chaque soir un moment pour prendre ses notes (avec une alarme pour s’en rappeler !).

Si vous voulez en savoir plus sur les tableaux d’observation, vous trouverez toutes les informations qu’il vous faut dans cet article. 🙂

Voici l’exercice avec notre exemple :

Au moment où je me sens submergé par l’anxiété, je fais un STOP et me pose les fameuses questions en prenant des notes :

  • Émotions ressenties : anxiété qui m’a submergé, avec de la peur, de la culpabilité et une sensation de vide.
  • La situation : Ce matin au bureau, alors que je travaillais sur tel projet avec mon collègue Robert, tel problème est arrivé.
  • Pensée automatique : “J’y arriverai jamais !”
  • Catégorie : conclusions hâtives, et plus précisément prédictions négatives
Accueillir ses pensées et émotions

En apprenant petit à petit à accueillir vos émotions et pensées, à ne pas les refuser en bloc, vous deviendrez mieux capable de surmonter les obstacles émotionnels lorsque vous y êtes confronté.

Pour cela, essayez de rester quelques instants à juste observer, sans jugements, vos émotions et pensées.

  • Constatez juste que c’est là, c’est ce qui se passe maintenant, ce n’est ni bon ni mauvais en soi, c’est juste votre réalité maintenant, c’est tout.
  • Prenez conscience de tous les détails de ce que vous vivez. Les réactions de votre corps, les pensées qui arrivent et laissent place à d’autres, de nouveau les réactions de votre corps, etc. À chaque retour sur ce que vous ressentez, notez l’émotion sur une échelle de 1 à 10.
Modifier ses pensées négatives inadaptées

Le but de cet exercice est de remplacer vos pensées négatives inadaptées par des pensées plus réalistes et nuancées.

Attention : L’idée n’est pas de remplacer vos pensées négatives par des pensées positives, mais juste de remettre un peu les choses à leur place et de trouver où est le vrai dans tout ça. 😉

La technique des 5 pour et 5 contre :

  • Au moment où vous prenez conscience du fait que vous venez d’avoir une pensée négative automatique (ou distorsion cognitive) qui est en train d’influencer vos émotions et votre comportement, marquez un temps d’arrêt (un STOP, comme dans le premier exercice). Ce temps vous aidera à prendre la mesure de la situation et à modifier les émotions et comportements qui ne vous conviennent pas.
  • Notez 5 arguments en faveur de votre pensée, et 5 arguments contre la pensée.
    • Vos arguments doivent rester dans le contexte, ne pas être généraliste (“C’est pas grave” par exemple, est trop généraliste et ne tient pas compte de votre situation particulière)
    • Vous pouvez utiliser seulement 3 arguments pour et 3 arguments contre, mais ne descendez pas en dessous et notez le même nombre d’arguments dans chaque camp. Cela permettra à votre cerveau de faire un retour sur lui réellement constructif.

Voici l’exercice avec notre exemple :

La pensée négative que nous avons trouvée lors de notre prise de conscience était : “J’y arriverai jamais !”

5 arguments pour l’idée :

  • Je ne sais pas si je pourrai rattraper mon retard
  • Je ne sais pas combien de temps va prendre la résolution de ce problème technique
  • Je ne sais pas encore comment résoudre ce problème
  • Je débute dans ce type de travail
  • Ce ne serait pas la première fois que j’échouerais, ça m’est déjà arrivé dans le passé quand j’ai voulu faire quelque chose de nouveau

5 arguments contre l’idée :

  • Je peux ré-évaluer mes priorités et mon planning (ça tombe bien, j’ai justement appris comment le faire sur le site Le TDAH au quotidien ! 😉 )
  • Je peux chercher comment d’autres ont résolu ce problème
  • Je peux trouver de l’aide auprès d’un collègue
  • J’ai une bonne capacité d’adaptation
  • Je suis motivé !
Mettre ses pensées à l’épreuve de la réalité

Un autre exercice intéressant pour vous aider à modifier vos pensées inadaptées est de les mettre à l’épreuve grâce à une série de questions à vous poser, que voici (respectez bien l’ordre donné) :

  • Quelles preuves ai-je que cette pensée est juste ?
  • Quelles preuves ai-je que cette pensée n’est pas juste ?
  • Existe-t-il une autre interprétation ou explication possible ?
  • Dans le pire des cas, que pourrait-il se passer ?
  • Pourrais-je supporter ou dépasser ce qui pourrait se passer ?
  • Dans le meilleur des cas, que pourrait-il se passer ?
  • Quelle est l’hypothèse la plus réaliste ?
  • Quels sont les effets de ma croyance en cette pensée sur mon comportement ?
  • Si je modifie cette pensée, quel sera l’effet (sur mon comportement, mes émotions, la situation) ?
  • Que dois-je faire par rapport à cette pensée (quelle est la meilleure conduite à tenir) ?
  • Quelles pensées plus rationnelles pourraient s’appliquer à la situation ?
  • Si un ami était dans cette situation, que lui dirais-je ?

Les thérapies

La TCC (ou thérapie Cognitivo- Comportementale)

La TCC est une thérapie assez brève qui se concentre sur les interactions entre nos pensées, nos actions et nos comportements (ça tombe bien, c’est notre sujet !), et dans laquelle nous agissons grâce à divers outils et exercices à faire au quotidien (comme dans un coaching).

Ce type de thérapie peut vous aider à trouver les stratégies qui fonctionneront pour vous et à vous y entraîner avec l’aide d’un professionnel qui vous guidera pas à pas. Ce que je fais dans mes articles s’apparente à de la psychoéducation, c’est aussi un des points forts de ce type de thérapie… vous apprenez à mieux vous connaître, mieux gérer vos pensées, émotions et comportement, de manière active !

Si vous cherchez un thérapeute pratiquant la TCC près de chez vous, il existe un site répertoriant tous les praticiens spécialisés, avec une carte interactive, ici.

Les autres solutions quand rien n’a fonctionné

Si aucune stratégie ou thérapie n’arrive à vous aider, c’est qu’il y a peut-être une cause à vos pensées négatives qui vous a échappé. Dans ce cas, vous devez absolument en parler à votre praticien pour qu’il puisse vous aiguiller… mais voici déjà quelques pistes :

  • Un trouble d’anxiété : si vous avez un problème d’anxiété lié à un TDA/H, le premier va accentuer le deuxième et peut-être empêcher de trouver un médicament efficace, si vous prenez un médicament pour le TDA/H. Certains praticiens préconisent dans ce cas de d’abord traiter l’anxiété (le docteur Alexanian de la chaîne YouTube Fou de Normandie vous explique tout dans cette vidéo. Et en bonus, je vous partage aussi sa vidéo sur les liens entre TDA/H et trouble anxieux, et celle sur le traitement des troubles anxieux 😉 ).
  • Un problème de confiance en soi : si vous avez un gros problème de confiance en vous et que les stratégies que vous mettez en place (ou votre thérapie) n’abordent pas ce thème, vous passez sûrement à côté d’un point important ! Parlez-en à votre praticien, il existe des thérapies dédiées à ce problème.
  • Une dépression (ou un burn-out) : qu’elle soit due à un trouble d’anxiété non traité qui a mal tourné, à un deuil ou à toute autre raison, une dépression est un problème plus grave dont il faut vous occuper en premier lieu. Là encore, vous devez absolument en parler à votre praticien pour qu’il puisse mettre en place avec vous une aide adaptée.
  • Un autre trouble ou un problème de santé : là encore parlez-en avec votre praticien, c’est lui le plus apte à vous aiguiller.

Dans tous ces cas, il existe des thérapies adaptées et des solutions médicamenteuses.

Avez-vous envie d’essayer certains outils de cet article ? Dites-moi en commentaire lesquels vous tentent le plus, ou si vous connaissez d’autres stratégies qui fonctionnent pour vous !

Et si cet article vous a intéressé ou vous a aidé vous pouvez bien sûr le partager à vos proches ou sur les réseaux sociaux pour aider ce site à toucher plus de personnes ! Vous trouverez des boutons de partage en bas de l’article ou sur les côtés ! 😉

Prenez soin de vous, et à très bientôt.

Anne Juguet, Le TDAH au quotidien

Article corrigé par Henri-Pierre Juguet : hpj.correction.redaction@gmail.com

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